Le delta du Mékong partie 16

C’est la manie, sous les tropiques : les conducteurs font chauffer leur moteur une heure avant de démarrer. Dans certains cas, ils actionnent en même temps la climatisation mais ce car a vu le jour avant qu’on invente le système et la température ambiante en tire la conclusion, à la hausse. Je demande aux voisins l’heure du départ; pas facile : personne ne parle anglais. Le langage des signes me sauve : l’un m’indique sur sa montre 9h30. Je suis monté à huit heures et je n’étais pas le premier. Il faut croire qu’il n’y a que moi pour ne pas apprécier le confort du véhicule.

À 9h25, en effet, le chauffeur gagne sa place et nous partons. C’est toujours l’enfer mais l’air circule grâce à la course et on respire un peu mieux. Devant moi est assise une très jeune fille encadrée de ses père et mère, enfin, je pense. La mère se retourne à plusieurs reprises et me jette des coups d’œil à la dérobée tout en partant à l’oreille de sa fiHe. J’ai l’impression que c’est moi l’objet de la confidence. La fille finit par se tourner aussi et m’adresse la parole en anglais. Mon accent est sans doute mauvais mais celui de la fille n’est pas meilleur. Très vite, je sors mon calepin et mon bic. La conversation par écrit — façon de dire — s’avère plus facile.

Elle est banale, forcément, mais déroutante sur un point: ma « fillette » a… vingt-huit ans. Elle n’est pas écolière, elle enseigne les mathématiques au lycée. On me l’avait déjà dit de ne pas juger les gens sur la mine. Le temps et les kilomètres ont filé. il est 10h45. Nous sommes en pleine campagne. Le bus s’arrête sur le bas-côté. Est-ce encore une panne? Le chauffeur, depuis son volant, m’envoie de grands signes ; la contrôleuse approche en renfort et mon professeur de maths se retourne à nouveau pour me confirmer que je dois descendre. Pourquoi ?

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Personne ne bouge de sa place mais tous me regardent. Sous la pression je finis par obéir et des-cends. Un des aides-chauffeurs m’a suivi ; il monte sur le toit et me balance mes affaires. Dans le désert qui nous ceme (un désert avec des arbres et des champs…) deux ou trois adolescents se sont approchés. Uun saisit ma valise au vol, un autre mon sac. Ils me font signe de les suivre. Qu’est-ce qui m’arrive? Nous traversons le carrefour. Sur une autre route qui part en patte-d’oie, caché par un bouquet d’arbres, stationne un second car. Avant que j’aie pu dire ouf, les gamins grimpent mes bagages sur son toit et ils me poussent à l’intérieur.

Il y a plein de voyageurs assis. On n’attendait que moi puisqu’on démarre. J’apprendrai un peu plus tard que j’avais un changement de bus pendant mon voyage. Le premier car continue vers le sud, il va à Camau, tout en bas de la péninsule. J’ai failli m’y rendre aussi. Je ne savais pas que les gens sont serviables au Vietnam, ni qu’ils savent mieux que vous où vous allez.

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