Hanoï partie 12

Pont Paul Doumer Hanoi

Le sentier menait jusqu’au boulevard. Je le traverse et, laborieusement, par un lacis de vieilles rues, cherche et trouve la gare de chemins de fer. La salle n’a pas dû changer depuis cinquante ans. Elle semble d’autant plus étriquée qu’une foule de deux cents personnes y campe, placide, apathique, attendant on ne sait quoi ou qui. Une grille avec des montures à galets ferme le passage étroit qui conduit aux quais ; elle est solidement cadenassée. Tout contre elle, j’essaie d’apercevoir les trains mais mon champ de vision est à la mesure de la gare : fort rétréci. Actuellement, un seul train, avec des wagons de bois début de siècle (l’autre, le vingtième) est visible, enfin, quelques wagons. Quelques employés l’entourent à tout hasard car rien n’indique qu’il doive s’en aller un jour ou l’autre de cette place. Et pourtant les chemins de fer fonctionnent et, si je veux, je pourrai décoller d’ici vers l’autre bout du Vietnam, vers Saigon. À condition de n’être pas pressé ni exigeant sur le confort. D’ailleurs, n’ai-je pas vu un train sur le pont Pau! Doumer tout à l’heure? H venait d’ici, c’est indéniable.

Pont Paul Doumer Hanoi

Je regagne mon quartier. Avant le Romantic, il y a un autre établissement qui répond à l’enseigne du Piano Bar . Pourquoi ne pas y déjeuner? Comme souvent quand il s’agit d’un restaurant ne pratiquant ni le « populaire » ni le « touriste », la salle est vide. J’y savoure pourtant un excellent repas pour 65 000 dôngs. Sans que je le demande, l’hôtesse, une dame pleine de componction, a mis dans sa chaire hi-fi une cassette muslcale de variétés françaises. Comme je me mets à écrire, une fois mon café bu, elle disparaît avec discrétion. Je vais passer )à une bonne partie de l’après-midi sans que nul ne me dérange. Toutefois, personne ne remettra une autre cassette musicale.

Voir plus: demande de visa pour le vietnam | Voyage Mékong | Jonque bai tu long 3jours | trek 3 jours sapa

Retour au Romantic pour !e soir. C’est finalement moins cher, si c’est plus encombré. Je m’y fais inscrire par Yen pour l’excursion de trois jours et deux nuits en baie de Ha Long, 400000 dôngs, repas et chambre à Cat Ba compris. Logiquement, c’est le prix avec l’hébergement en chambre double mais il n’est pas question de barguigner sous prétexte que je suis seul. Yen déduit la remise de 2 $ sur les 30 $ affichés selon sa promesse de l’autre jour. Départ demain, on viendra me chercher à mon hôtel.

Je prends le chemin du retour de bonne heure. Me frôle dans la rue un indigène crasseux, assez âgé. Il marche à côté de son vélo, aussi miteux que lui, avec, sur le porte-bagages, un grand panier en fil de fer rouillé. Il roule dans le ruisseau autant que possible pour se protéger de la circulation et son trajet est chaotique. Une barbe échappée à l’armature métallique du panier accroche la jambe de mon pantalon et crac ! le tissu s’ouvre en un angle droit de dix centimètres au carré. Cela n’a demandé qu’un instant mais le vêtement est fichu. C’était mon pantalon préféré car le plus léger possible acheté 30000 dôngs à Ha Tien, pour rien donc, mais c’était mon pantalon préféré… Je ne suis pas content et mon « agresseur » est confus. À quoi servirait de l’accabler? Il n’a même pas de quoi rembourser cette modique somme, sauf à sauter trois ou quatre de ses repas. Et puis, encore une fois, ce n’est pas un problème de prix ; le plus urgent est de trouver un magasin de fringues. Ils sont plusieurs que j’ai vus dans la rue voisine. La main tenant les lambeaux de mon costume, je me hâte avant leur fermeture vespérale. D’abord, on me présente tout un choix de pantalons de toile courants. J’en ai déjà un de ce type. Ce que je veux, c’est un LEGER. Enfin, dans un magasin on m’atteint : une sorte de treillis d’été blanc. Juste un ourlet à faire en bas de jambes. Normalement, c’est à moi de me débrouiller avec ce détail mais ia patronne du magasin est d’une amabilité remarquable. Elle parle un peu français, moins cependant que son vieux père qui attend un meilleur monde dans l’arrière-boutique. Elle me confie à lui pendant qu’une vendeuse va faire ourler mon acquisition à côté. Le grand-père me fait asseoir, me propose du thé. Je ne suis plus un simple client mais un hôte honorable et honoré. L’ennui est que l’accor- te commerçante me réclame 250000 dôngs lorsque, un peu trop tard, je propose de la payer. J’émets une critique qui ne la démonte pas: c’est de la soie sauvage, Monsieur! Quand j’examinerai mieux mon achat, dans ma chambre, je trouverai, bien cachée, la vignette « pur coton » et, en outre, la mention d’un fabricant anglais. Bien sûr, en France, j’aurais aussi réglé 20 $ pour mon « cher » pantalon, mais quand même… j’ai bel et bien été escroqué !

Sehen Sie mehr: Ha Long bay tour

You can leave a response, or trackback from your own site.

Leave a Reply

Powered by WordPress