La baie de Ha Long. Fin du voyage partie 12

Baie d Halong

Elle me saute au cou et me gratifie d’un gros bisou sur la joue. Elle n’est ni belle ni gracieuse, surtout quand elle rigole à pleine fiole. Elle pourrait me distraire si elle consentait à prononcer un peu plus son anglais et un peu moins vite. Je ne comprends pas le quart de son abondant verbiage, en dépit d’un effort intensif (et usant). À tout hasard, j’opine du bonnet et glisse quelques banalités, entre deux. Je ne sais si je lui donne vraiment le change. Toujours est-il qu’elle ne semble pas décidée à me lâcher. C’est son dernier jour à Hanoi, elle prend l’avion ce soir pour le Japon. Elle m’entraîne dans un dernier tour de shopping, sans rien acheter. Elle a dû déjeuner, moi pas, et j’aimerais. Comment la semer? Tant pis ! Nous sommes près du restaurant italien dont j’ai parlé plus haut. Je l’invite à m’y suivre. Je ne peux décemment pas m’empiffrer seul sous son nez; j’en suis pour un dessert et un café supplémentaires. Ensuite,, Miouki me mobilise afin d’aller chercher un ticket de navette à destination de l’aéroport. J’ai beau lui expliquer qu’il est inutile de réserver car trente-six bus font en permanence l’aller et le retour, il n’y a rien à faire : elle veut son ticket et être inscrite dès maintenant. Et c’est à l’autre bout du petit lac, une trotte à pied ! Pour tout arranger, elle marche comme si elle voulait se réhabituer à la vitesse d’un Boeing. Sa formalité accomplie, nous remontons plus tranquillement le long du lac. L’averse menace. Nous nous réfugions dans un café luxueux sur la rive. Nous y payons évidemment notre breuvage au prix fort, ou plutôt, je paye… car Miouki n’a plus un dông, elle a tout changé ce matin à son hôtel en le quittant. Puis nous repartons. Pour mon bonheur, elle a soudain envie de dire adieu à la Pagode du Lac. Sans perdre du temps à lui demander comment elle va en payer l’entrée, je saute sur l’occasion et à son cou : bon retour et longue vie au Mikado !

Baie d Halong
Ce soir, Yen et sa sœur ont voulu me témoigner leur amitié. Pendant que je temine mon repas, sœur-boss s’éclipse dans la rue. Elle réapparaît un quart d’heure après et m’ofïre une grenouille et son petit marteau, en bois. C’est un jouet très courant ici. Les gens frappent la grenouille et on entend le claquement sec à plus de cent mètres, te raffut est garanti, je suis très touché du geste; je ne les ai jamais vues offrir quoi que ce soit à un client. Je leur promets de revenir un jour… et de ne pas oublier leur gentillesse. Il est 21 heures. Pour la dernière fois, je reprends le chemin de mon hôtel.
Samedi 22 mai.
J’ai dormi de façon hachée. Le ciel est redevenu tout bleu. Pour mon dernier périple en ville, j’ai à nouveau mon sac à dos et ma valise. Je m’offre un cyclo, le premier à Hanoi. Je ne crains plus de me faire bousculer par une moto et je profite du spectacle de la rue, perché dans mon engin. Je ne sais pas trop si je suis triste de quitter tout cela, un peu sans doute. Il y a quand même trois mois que j’ai abandonné la France, mes amis, ma maison ; je suis content de les revoir bientôt. Je suis très en a- vance pour mon vol qui n’est qu’à treize heures dix. Je préfère cependant gagner de suite l’aéroport, tirer le rideau et finir la comédie. Au point de départ des navettes, je monte dans le premier minibus et, dès dix heures, débarque à l’aérogare. On m’y envoie forcément bouler, vu l’heure. Je me réfugie à la cafétéria et essaie de lire, sans succès.

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Sans me presser car il est encore tôt, je regagne le hall du départ. En passant, comme il me reste quelques petits billets en dôngs, j’achète leur contre-valeur, soit trois paquets de cigarettes en zone free taxe. C’est un dollar le paquet, soit 14000 dôngs. J’ai payé le même hier au restaurant à 10000 dôngs, toutes taxes comprises. C’est ma dernière histoire asiatique.
En dix minutes les formalités de douane et d’embarquement sont terminées. Le Boeing m’emporte.
J’ai fait le pèlerinage dont j’avais envie depuis quarante- quatre ans, depuis qu’un autre avion, militaire et bien plus petit, m’avait aussi enlevé au Vietnam. Je n’ai rien retrouvé de mes souvenirs. Tout alors, autant qu’il m’en souvienne, était different, exotique en somme. Le Vietnam n’a plus de moustiques, ou presque; il cache ses cafards et ses rats; on ne sent plus le nuoc mam ; les paillotes ont émigré vers la campagne ou le bord des rivières et il n’y en a plus une en ville ; les habitants ne ressemblent plus que rarement aux coolies popularisés par les cartes postales avec leurs pyjamas noirs et leurs chapeaux coniques ; les motos pullulent; jeunes et vieux ont une allure et un langage plus volontaires que ceux de mes propres concitoyens, et ils parlent anglais! Qu’en est-il du mystère de l’Orient?
Adieu Tonkin, Annam, Cochinchine. Vous êtes de l’histoire ancienne, la preuve, on a même aboli vos noms ainsi que celui de la troublante Saïgon. Adieu, l’Indochine ! Salut Vietnam ! Tu es désormais un de ces nombreux pays nouveaux de l’Asie, un autre monde que le nôtre, plus si différents pourtant.
J’ai abandonné ma jeunesse et mes rêves mais où? Pas ici, il n’y en a pas trace.

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