La baie de Ha Long. Fin du voyage partie 3

Halong Vietnam

Au-dessus du bateau, le ciel a largué presque tous ses nuages. Il fait chaud, la réverbération de l’eau augmente l’insolation. La brise marine et la vitesse nous dispensent au moins de l’air. Orchestrée par le teuf-teuf puissant du moteur marin, l’ambiance pousse à l’endormissement, les deux Teutonnes l’assument. Il faut avouer que le spectacle tourne au bout d’une heure à la monotonie. Nous passons plus ou moins près de centaines de rochers, sans cesse changeons de direction pour les contourner à petite vitesse, la vue toujours arrêtée par de nouveaux cailloux. Toutes les formes — l’a-t-on assez écrit? — toutes les tailles en deçà de deux cents mètres et, rarement, une vraie île inhabitée. Le paysage est dérangeant plus que joli. Il n’y a pas assez de couleurs, d’éclat; tout est noir, gris, vert soutenu sinon foncé. La mer oublie son bleu profond et reproduit les mêmes teintes à plaisir. Parfois, nous croisons d’autres vedettes et de petits chalutiers au travail. La distraction est la bienvenue : on joue un moment à cache-cache avec eux. Les heures s’écoulent. Je filme avec bien du mal le décor, manquant de recul, de trop près, ou de trop loin car il y a un peu de brume de chaleur, toujours conscient que la réverbération omniprésente va achever de gâcher les clichés…

Une escale est prévue. C’est, dans une sorte de petite clairière entre les rochers, une île au flanc abrupt, mais toutes les pentes, petites ou grandes, sont ainsi taillées au couteau, qu’on a équipe d’un petit chemin en embase entre deux diguettes de bois et d’un vertigineux escalier de quatre-vingt-dix marches creusé à même le roc, sécurisé avec un apport massif de béton et des rampes de cordage, afin d’accéder à une énorme grotte, Hang Dau Go (grotte des Piques de bois). Les Français !’avaient renommée « La Grotte des Merveilles ». Nous sommes conviés à l’aller voir. L’escalier n’est pas dur en soi, mais, quatre-vingt-dix marches me font ie souffle court. Je suis cependant les autres jusqu’au bout. S’enchaîne une piste sinuant dans une succession de trois sattes aux plafonds et murs se riant des Lilliputiens que nous sommes devenus. De nombreuses batteries de projecteurs multicolores, parfois mobiles, ajoutent leurs irisations à celles dont la nature a orné les parois. Nous sortons du gouffre une demi-heure plus tard sur un balcon artificiel d’où dégringole un deuxième escalier vers notre tout petit bateau. Le spectacle vu d’ici est grandiose et la vue strictement imprenable comme me le souligne ma caméra. Nous regagnons le bateau et la croisière repart.

Halong Vietnam
Il y avait une autre grotte, dans une autre île, de mentionnée au programme. Nous avons sans doute trop lambiné, elle reste perdue en mer. Désormais, en droite ligne n’est pas le mot mais par te plus court chemin, nous filons vers le gîte du soir. D’un seul coup l’île de Cat Ba surgit dans le panorama au détour d’un gros rocher. Nous en sépare une grande baie avec cent chalutiers ancrés partout, comme des confettis de couleur. La toile en fond de théâtre présente plusieurs étages. Une muraille de grosses pierres, énorme digue, soutient un grand boulevard en arc de cercle, deux kilomètres au maximum, garni de petits arbres où s’intercalent des massifs de fleurs. À l’arrière-plan une ceinture d’immeubles modernes et neufs, à quatre ou cinq étages, n’offre que peu de cassures. Les enseignes soulignent la présence parmi eux de plusieurs hôtels de moyenne importance et de cafe à terrasse. Quelques commerces et de rares immeubles se contentant d’habitants privés ou d’administrations font l’appoint. Nous arrivons plein-sud et profitons de ia répétition d’un prometteur coucher de soleil.

A voir : voyage Vietnam
Au fur et à mesure de notre approche les choses reprennent une dimension réelle. On découvre des places encore vides dans la lignée des bâtiments ; des chantiers signalent que c’est temporaire. Finalement, on décompte une dizaine d’hôtels et quinze chambres pour le plus grand. Ce n’est pas encore la Côte d’Azur mais probablement c’est le modèle visé. Le boulevard est parcouru par peu de motos, encore moins de voitures. Une chaussée déserte, quoique large et bien aménagée, ici, en Asie, c’est exceptionnel, presque incongru, mais tellement reposant! Je sais que Cat Ba, comme Phu Quôc, est revendiquée par le pays voisin, la Chine au lieu du Cambodge, mais l’île ne semble pas envahie par les militaires comme là-bas. Ou alors, ils sont cachés sur l’autre côté de l’île? On respire comme un air de vacances.
Nous gagnons l’hôtel et sacrifions à l’habituel cérémonial de !a dévolution des logements au comptoir du Hoang Huong. En premier, les chambres pour deux personnes.

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