La baie de Ha Long. Fin du voyage partie 4

Halong Vietnam

Je dois attendre. Une discussion s’éternise entre notre hôtelier, notre guide et Gherart, l’Allemand. J’aimerais bien qu’on me donne ma clé mais on me confirme : je dois attendre. Soudain, on m’intégre dans ia discussion et on m’informe que je dois partager ma chambre avec Gherart. Stupéfait, je réagis avec la plus grande fermeté : il n’en est pas question ! Me revient alors à l’esprit que le prospectus vantant l’excursion au Romantic Darling Cafe mentionnait un supplément pour les chambres en single, un sup-plément que je n’ai pas payé car Yen ne me l’a pas réclamé. N’empêche ! Il est hors de question qu’on m’impose de dormir avec un inconnu, cet inconnu Rit-il sympathique. Je sais que l’organisation du tourisme au Vietnam, comme en tous pays communistes, laisse encore à désirer mais de là à concevoir des idées aussi farfelues… Assez rapidement on accepte de me donner une clé, pour moi tout seul.
Après dîner, entre parenthèses un gueuleton, je sors prendre le frais devant l’hôtel. Gherart m’y retrouve. H entame la conversation… en français. H a passé plusieurs années dans notre pays et parle presque bien notre langue. Il s’explique sur le quiproquo lors de l’attribution de nos chambres et, pour mieux se faire comprendre, commence par quelques détails sur sa vie. Il est en relation pour monter une affaire avec des Vietnamiens mais il lui faut assurer sa subsistance présente et, comme beaucoup d’étrangers dans son cas, il enseigne l’angtais à la Faculté de Hanoi qui, en outre, lui assure un logement. C’est là qu’il a fait ta connaissance de sa compagne. Ils ne sont que fiancés. Venus prendre de courtes vacances à Ha Long, ils avaient convenu de se comporter comme une famille. Seulement les Vietnamiens n’aiment toujours pas voir leurs compatriotes féminines en ménage avec des Blancs et ils ne se gênent pas pour te leur faire sentir. La compagne de Gherart a-t-elle essuyé une remarque blessante tors de notre arrivée? Toujours est-il que, brusquement, elle a voulu une chambre pour elle et sa fille, seulement pour elles deux. D’où le chaos qui s’ensuivit. H a eu finalement une deuxième chambre pour lui mais en payant un supplément. Il est encore tout contrarié du caprice de Madame et voulait s’en excuser.

Halong Vietnam

Par la même occasion, il est tout heureux de trouver à qui se confier, surtout en français qu’il n’a pas parlé depuis longtemps. Cela lui rappelle sa jeunesse estudiantine. Il traverse une phase de découragement et a bien besoin de communiquer. il me propose un café à la terrasse du bistrot épicerie voisin. J’ai toujours adoré comprendre ce qui se passe dans la tête des gens. Avec Gherart, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a matière à analyse. Déjà sa vie passée n’est pas banale. Né à Francfort il y a quarante ans, après ses études en France, il a vécu plusieurs années au Cameroun. Il y a gardé des relations d’affaires nombreuses. Puis il est venu pour plusieurs années à Singapour, y a épousé une Chinoise et, lassé de vivre sans la comprendre, a divorcé. Il a ajouté d’autres années en Chine et au Japon. Il faut préciser qu’il avait fréquenté l’École des Langues orientales à Paris et suivi des cours de mandarin, de japonais et de vietnamien. Depuis un an i] est à Hanoi. Il est aussi ingénieur et voudrait monter puis exploiter une machine de son invention. C’est un générateur d’électricité marémotrice. Simultanément, car son imagination est constamment en ébullition, il cherche à monter deux joints venture sans apport de capitaux personnels avec des Vietnamiens, ou avec l’État lui-même. Se suivent des périodes d’enthousiasme et d’autres de désespoir. En bons Asiatiques, ses partenaires remettent tout en question pour un oui pour un non ; ils sont imprévisibles, fumeux, chimériques, sans aucun pragmatisme et le temps passe, sans progression pour ses projets. Avec sa nouvelle fiancée, c’est pareil. Ils vivent ensemble et il lui apprend l’allemand depuis quatre mois, à raison de deux heures chaque jour. Il veut l’épouser. Il attend un dernier papier avant de retourner en Allemagne pour deux ou trois mois, seul mais en vue d’effectuer les formalités nécessaires au mariage. Pourtant, comme tantôt, sa chérie a de brusques caprices qu’elle ne se donne même pas la peine de justifier ou d’expliquer. Bref, il m’avoue être totalement déconcerté par le caractère et la façon de se comporter des Asiatiques… Venant de lui, après ses années en Asie et ses études, je trouve par-devers moi que c’est un comble. Pour achever le tableau, il se plaint de n’avoir personne ici pour parler simplement et sans chercher des sens cachés aux moindres mots, sans se demander s’il est compris, et s’il a compris. En Extrême-Orient, c’est le non-dit qu’il faut entendre.

A voir : voyage Vietnam

La soirée s’annonce très douce. Pas de moustiques, pas de mouches, à peine quelques gros cafards qui galopent sur la chaussée, tout affolés, qu’on ne revoit pas dans les maisons, pourtant. De légers coups de brise de mer doublent la tiédeur de l’air. Le soleil est bas sur l’horizon, il teste la température de l’eau avant son bain, tout rougissant de plaisir. On pourrait rester là des heures, rien que pour savourer ta douceur des choses. Tout Cat Ba est dans la rue. Quelques jeunes font pétarader leur moto pour la frime, peu nombreux. Hommes et femmes, vieux et surtout jeunes, sont assis devant les maisons ou aux terrasses des cafes, sirotant bière, jus de fruit ou cafe, lançant une plaisanterie qui ranime une discussion paresseuse, languissante. L’éternité n’en finit pas d’attendre.

Sehen Sie mehr: Halong tours

You can leave a response, or trackback from your own site.

Leave a Reply

Powered by WordPress