La baie de Ha Long. Fin du voyage partie 9

Il ne nous reste qu’à payer voyages et séjours, à organiser une exposition et un ou plusieurs cocktails, discours, etc. Vive la Francophonie ! Ce fut un plaisir et un honneur d’accueillir vos grands et exceptionnels artistes… Certains hauts fonctionnaires français se dévouent ainsi à notre service, nous autres contribuables. Bien sûr, je garde pour moi ces commentaires, je ne les partage pas avec mon vis-à-vis. C’est un communiste convaincu, admirateur impénitent de l’Oncle Ho, tout enclin à la compassion pour nos civilisations pas encore éclairées du bonheur des peuples. Mon bonhomme est, je trouve, encore un peu naïf : maintenant que la France a pu découvrir son talent, il ne doute pas qu’une quelconque association de nos artistes le réinvite un jour pour un nouveau séjour. Il a été aussi invité, me dit-il, aux USA mais il devait payer le voyage. Il a décliné. Il a soixante-dix-sept ans, se porte comme un charme et vend encore quelques toiles. Heureusement ! car sa retraite lui paie le petit déjeuner, pas davantage. Quant à ses enfants, ils ne le voient guère, ils le laissent mariner dans son coin (et sa gloire?). Après m’avoir échangé mon adresse contre la sienne, il promet de venir me voir à Toulon lors de son prochain voyage. Je crois que je ne risque pas grand-chose… En attendant, il me quitte car sa cuisinière grogne quand elle doit réchauffer sa soupe. Toujours à pied, je vais aller chercher la mienne, au Romantic Darling cafe

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Je manque d’inspiration pour découvrir un but à ma journée. En désespoir de cause je me retrouve au jardin du Lai avec mon livre. Il n’est pas passionnant mais n’a pas de concurrent. Vers 16 heures une jeune vendeuse s’assied à mon côté. Elle est déjà venue poser ses paniers de légumes il y a deux heures. Elle semble très jeune, presque une enfant. Elle ne parle que sa langue; toute conversation semble exclue entre nous. Le petit cireur de chaussures qui m’a déjà servi d’interprète les jours passés arrive aussi et s’assied entre nous. H échange quelques mots avec la fille puis, sans détour, m’annonce que c’est sa copine et qu’elle m’aime. Mieux: elle veut faire l’amour avec moi ! En deux minutes s’ajoutent les détails: je donne un petit cadeau, pour la forme car elle est très pauvre et ne mange pas toujours à sa faim, disons 150 000 dôngs (60 francs) et elle me suit à mon hôtel. Je rappelle au gamin qu’il ne m’est pas possible d’amener une fille à mon hôtel. Aucune importance: elle a un ami qui tient un hôtel proche, il nous prêtera une chambre et sans nous faire payer. Je me demande combien elle peut avoir d’amis du même genre ? Quant à son âge, aussi vrai que le cireur a dix-huit ans, elle en a vingt. Est-ce que le Diable n’a pas parfois trop beau jeu dans sa main? Nous n’aurons pas la chambre projetée, l’hôtel est fermé. Huong m’entraîne plus loin. Elle ne manque pas d’attrait et semble très résolue. Nous n’arrivons toujours pas à nous comprendre mais je la suis jusque dans l’arrière-salle d’un petit bistrot fort louche. Trois paravents cachent sommairement trois tables et, derrière elles, trois courtes banquettes. Un couple quitte justement l’une d’elles. Nous prenons sa place. Dès que la serveuse nous a apporté du thé, ce qui ne demande pas longtemps, ma partenaire se déchaîne; elle a plus de mains que Vichnou ! H paraît qu’elle est Malaise. L’information ne me semble pas importante sauf qu’elle ne parle pas très bien vietnamien, elle non plus. Il ne nous reste que les gestes. Quel talent et quel tempérament elle a! Mais je ne fais pas de miracles et je n’ai plus tout à fait l’âge de faire des galipettes à la sauvette, et dans des circonstances analogues. Je suppose que je l’ai déçue mais elle n’en laisse rien voir. Nous revenons au Lai, sur notre banc, que n’a pas quitté le cireur de chaussures. Il veut avoir des commentaires, sinon des détails. Évidemment que je suis content et que Huong est charmante. Et la fille? Est-ce qu’elle m’aime? Elle jure qu’elle m’attendra ici demain avec impatience. Je ne trouve rien à ajouter sinon que je ne pourrai pas davantage l’emmener à mon hôtel.

Et le lendemain, comme dit la chanson, elle est toujours là. Nous ne pouvons toujours pas nous dire grand-chose : le vietnamien, même avec mon lexique, ne s’apprend pas en deux jours, et je n’ai pas de lexique malais de surcroît. À sa demande, je la suis au bord du Petit Lac. Nous changeons de banc, quoi. Puis elle veut revenir au Lai. Comme par hasard, le petit cireur est présent. La conversation peut reprendre. Je ne peux ne pas comprendre : ma chérie est toujours aussi affamée, il serait bien que je lui donne 50 000 dôngs. Mais je suis contre tout nouveau cadeau.

Für mehr Infos: Cruise Halong

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