Le delta du Mékong partie 20

J’y rencontre quelques paillotes de pêcheurs, ou plutôt des huttes de branchages terminées avec des morceaux de toile plastique. Parfois, une barcasse est tirée au sec. Des herbes folles et des ronces tentent de se nourrir avec cette tourbe ingrate. Quelques taillis s’en élèvent, ornés de rares palmiers rachitiques. La nature pue la misère. Un peu en retrait, deux carcasses de petits chalutiers attendent sur des échafaudages déserts qu’on achève de les caréner. À moins que les ouvriers n’aient renoncé à les réparer. Je me sens gagné par tant de détresse et je reviens vers la cité. Bientôt je parviens au marché et dans le quartier des commerces.

Comme d’habitude, la foule est active, criarde, bigarrée, bruyante. Le marché déborde de partout ses monceaux de victuailles et de produits de la terre. Plus au calme, une grande place aligne de belles et riches boutiques. C’est le centre-ville et ce n’est plus le port. Depuis Cantho je n’ai pas aperçu un seul touriste, blanc, japonais ou coréen. Je me sens porté par un nuage de curiosité comme si j’arrivais d’une autre planète. Les gosses, et quelques mendiants, m’escortent longuement. Je dois être au bout du monde. Je suis aussi, d’après mon plan, tout près de mon hôtel. J’y repasse et, la nuit approchant, repars chercher pitance sur mon trottoir de Tran Phu. Je n’en peux plus guère ; je me hâte vers mon lit.

Ma deuxième journée à Rach Gia me voit dehors avant huit heures: l’hôte) n’assure pas !e petit déjeuner… J’entre dans un café voisin avec !a lourde intention d’inculquer à sa patronne ta recette du café au tait à ta française. Cela s’annonce laborieux mais ta dame est pleine de bonne volonté (et de patience). Elle se hâte chez les sous-traitants et revient avec un ban 1 et un paquet de margarine. Sous ma haute direction elle m’amène ensuite un grand verre — une chope à bière – une Thermos d’eau bouillante et un monofiltre en aluminium cabossé garni de poudre de café. Le lait concentré, seule forme locale envisageable du lait, est plus difficile à obtenir. Mon hôtesse repart écumer les magasins du voisinage mais revient bredouille. Durant ce temps j’ai empli le filtre, puis rempli à nouveau, afin de recueillir un minimum de jus assez clair, le tout en un quart d’heure. Enfin je trempe ma tartine. Quatre ouvriers vietnamiens attablés à côté font un sort à de copieuses assiettes de riz. Ils hésitent sur la conduite à tenir face à ma curieuse mimique: l’ébahissement ou l’hilarité?

A voir: voyage 15 jours vietnam | cat ba prince | Excursion ninh binh halong 3jours | voyage cambodge vietnam | Circuit Vietnam authentique | voyage au vietnam

Cela ne m’émeut pas car il en a toujours été ainsi pour toute tentative de civilisation innovante. Je repasse à l’hôtel prendre caméra et musette. À la réception, un groupe de touristes se fait enregistrer. Le pays n’est donc pas interdit à la visite? Ce sont des Japonais. Nous nous saluons courtoisement et ils s’entassent dans un minibus. Je n’ai pas d’idée où aller traîner. Machinalement, je me retrouve au « sea side » (au bord de la mer). Je teste trois transats pour la sélection et commande une nouvelle noix de coco. Arrive en trombe le minibus des Japonais de l’hôtel. Ma mini caméra déclenche leur curiosité : c’est le dernier modèle de Sony. Je m’amuse à la vue de leur accompagnateur, un colosse aussi volumineux que trois d’entre eux ! C’est un Hawaïen. H leur a fait découvrir son île puis les a amenés ici avant de leur montrer plusieurs autres pays du Sud-Est asiatique. Enfin, il les raccompagnera au Japon.

1. petit pain au lait, courant en Asie
tout en un mois. Pour du tourisme, c’est du grand tourisme. Décidément tes Japonais ne font rien sans productivité. Ils ont fini teur Coca et repartent toujours aussi vite avec leur minibus. Moi, je reviens en ville.

Sehen Sie mehr: Dschunke Halong Bucht

You can leave a response, or trackback from your own site.

Leave a Reply

Powered by WordPress