Le delta du Mékong partie 12

Je savais bien qu’avec une indigène, j’aurais un prix correct. J’en profite pour la questionner à propos de l’hôtel où j’envisage de descendre. Peut-être en connaît-elle un autre? Je veux quelque chose de propre et n’ai pas besoin de l’air conditionné. Je ne veux pas non plus dépasser les 8 $ pour la nuit. Elle connaît et va m’y conduire. C’est parfait.

Le Doan 30 hotel (Trente avril, lui aussi), côtoie le fleuve. C’est toujours le Mékong mais un autre bras qu’à Mytho. Dans un parc — pour cette taille, on ne peut plus parler de jardin – avec une cafétéria à l’entrée, une file d’appentis en guise de garages pour les voitures et les cycles, de grands massifs de fleurs entre les arbres que contournent les allées, un gros building carré à plusieurs étages se pavane. C’est tout neuf, dirait- on, et tout propre. Un personnel nombreux s’active. La réception est à la mesure du bâtiment. Marbre et teck en sont les maté-riaux. De profonds fauteuils et canapés de cuir noir accompagnent des petites tables marquetées. Ils font face à une télé murale et à un grand réfrigérateur blanc flanqué de plantes vertes. Le plafond, avec lustre, plane à six ou sept mètres.

Face à l’entrée, au fond de la pièce, s’amorce un escalier monumental aux rampes de fer forgé. À ses pieds un comptoir de bois poli enclave tout le coin. Derrière se cache une frêle jeune fille. Elle ne parle que vietnamien. Peu importe puisque mon accompagnatrice ne m’a pas quitté. Mieux encore, elle prend tout en main. Elle calcule deux nuits à 8 $, soit 220000 dôngs (exact !), me demande mon passeport qu’elle range dans un tiroir, attrape ma valise et me précède jusqu’à une vaste chambre au troisième étage, avec salle d’eau et balcon. Elle pose ma valise, va fermer la porte-fenêtre et y appose son cadenas, vérifie ventilateur et lumières, donne ses instructions au garçon d’étage qui n’a fait que nous suivre. La chambre me convient-elle? Parfaitement! Avant que nous nous séparions, j’offre à mon aimable ciccroncj’ai failli dire hôtesse – de partager un rafraîchissement à !a cafétéria de l’entrée; elle l’a bien mérité.

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En buvant son Fanta (c’est le soda local), elle me confie, mi-français mi-anglais car elle étudie les deux langues, qu’elle est enchantée de me rendre service car je lui rappelle son grand-père. Dans la foulée, elle s’en- quiert des loisirs que je pense trouver à Cantho. Si cela me convient, elle peut me combiner une balade demain sur le Mékong avec son oncle, il a l’habitude d’y promener les touristes avec son bateau. Nous serions au plus trois ou quatre passagers et, pour trois heures minima, cela ne me coûterait pas plus de 100000 dôngs, ce qui n’est pas cher. Je repense aux 30000 dôngs de Mytho… mais il faut bien savoir, de temps en temps, se laisser faire un peu. J’accepte le sacrifice des 7,50 $ en question. Et la petite — elle avoue toutefois vingt-deux ans — de me ramener à la réception, de tirer avec le plus grand naturel un carnet de billets à souche d’un tiroir, à en-tête du Doan 30.

Le billet est annoté en anglais « services divers ». Elle y inscrit promenade en bateau, la date de demain, la durée, le prix, signe et fait encaisser par la fille de l’hôtel mes 100000 dôngs. Elle me fixe rendez-vous demain matin à sept heures pile dans ce hall avec son oncle. Je commence à être persuadé que cette fille n’est pas exactement une simple passante en ces murs. Elle s’y conduit de façon fort curieuse… je ne la reverrai pas le lendemain et le mystère reste entier. Nous avons échangé nos adresses, sait-on jamais? Enquête faite, le Dean 30 appartient à… l’Armée. Je ne sais pas non plus qui est le grand-père de la fille.

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