Le delta du Mékong partie 17

J’ai atterri sur la banquette qui tient le fond du car. Elle arrive à surpasser pour la défonce tout ce que j’ai déjà vu. Ma voisine de gauche serait assez sexy sauf qu’elle arbore le nez écrasé d’un boxeur, les pommettes d’une Mongote et des yeux très bridés. Elle a de sacrées fesses, surtout la gauche qu’elle cotte contre la mienne, de fesse, aussi enveloppante et chaude qu’un cataplasme. Mais nous ne sommes pas plus tassés que tes autres. La contrôleuse, en civit pour une fois, me sembte moins revêche que celles à qui j’ai déjà échappé. Ette a du mat à gouverner les trois jeunes zigotos qui m’ont cueilli à l’autre bus. ils font de l’esbroufe car i! n’y a pas d’autre aide-chauffeur. J’ai l’impres- sion qu’ette en est ta mère. Pauvre femme ! Est-ce pour se venger? Ette me tend trois tickets à régler.

Je suis maintenant au courant des usages et je refuse fermement le marché: je !ui montre tes deux tickets du bus précédent. Elle a une mimique de dénigrement, puis cède et ramasse le ticket en trop. Les deux qui restent valent 26000 dôngs. Les déplacements deviennent coûteux, dans cette région: 42000 dôngs, soit 19 francs, pour les 116 kilomètres. Comble de culot: le plus jeune des gamins viendra deux fois me relancer durant le reste du trajet afin de me faire payer le troisième ticket. Sa mère nous regarde sans intervenir mais, du haut de ses dix ans il n’a aucune chance de m’intimider. À 13 h30 le car s’engouffre dans la gare de Rach Gia. Je suis enduit d’une raide carapace, mi-sueur mi-poussière, comme il se doit, et j’ai faim, comme il est d’usage. Je refuse pourtant de me laisser embarquer pour 20000 dôngs, ni même 15000. J’avise un gros truck avec deux passagers.

Il va au centre-ville et se contente de 10000 dôngs. C’est le premier de ce modèle que je rencontre. La moto à trois roues est dotée d’un plateau arrière bâché muni de deux bancs latéraux pour six à huit personnes. J’ai montré au chauffeur l’adresse d’un hôtel. Il connaît et me fera signe quand nous y serons. H fonce à quarante kito- mètres/heure dans l’avenue. De temps en temps, i! s’arrête pour larguer ou prendre une autre personne. Je remarque que c’est à chaque fois devant une pancarte identique au bord du trottoir. Pardi! C’est un bus urbain. il m’arrête et me désigne une rue perpendiculaire sur notre gauche : mon hôtel y est situé, pas loin.

Sac au dos, valise traînée sur ses roulettes, musette au cou j’ahane cinquante mètres avant de repérer l’enseigne.

L’hôtelière n’est pas souriante. Je lui offre 8 $. Elle m’ouvre ta porte d’un recoin, une sorte de couloir étroit avec deux lits pas de fenêtre et pas de salle d’eau. Je ne trouve pas l’échange avec mes 8 $ suffisamment équitable. Elle n’a rien d’autre à négocier. Elle accepte de m’indiquer un concurrent, première rue à gauche. Cent mètres de plus, et voici le kach san (hôtel) Nha Hang 1,5 — là, je n’ai pas la traduction — Ce n’est pas le Ritz mais c’est propre, pas comme le précédent. Direction chambre 304, au troisième.

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Elle n’est pas immense mais elle agrémente ses deux lits d’une grande fenêtre, d’un grand ventilateur doublé de l’air conditionné, d’un frigo, d’une télé et d’une salle d’eau avec eau chaude. Tout cela se paie… 43 000 dôngs, 3,50 $ la nuit. C’est parti pour deux nuits. Que peuvent offrir les chambres des premier et second étages, sachant que dans le pays, chaque fois qu’on monte d’un palier le prix baisse mais le confort aussi. Peut-être que j’aurais pu y avoir une suite pour 5 $? Je me hâte vers la douche puis à la recherche d’un complément gastrique.

Für mehr Infos: Kreuzfahrt Halong Bucht

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