Le delta du Mékong partie 19

Mes forces retrouvées, je me lance à l’assaut du pont. À gauche et à deux cents mètres, le bleu qui mange l’horizon c’est le golfe du Siam. J’ai hâte de le voir de près. La rue qui part du pont se transforme vite en piste défoncée. Son bitume a dû, lui aussi, courir à la mer et il y a longtemps. En retrait sur le terrain vague qui borde la fin de la rivière à gauche, une file de boutiques rustiques, des baraquements en fait, exhibent leurs stocks. Petite quincaillerie, droguerie, cigarettes, épicerie, pellicules photo se mélangent aux fruits et légumes et, bien sûr, aux boîtes de bière, Fanta, Coca Cota (ou Pepsi). Un coiffeur a jugé l’en- droit prometteur et est venu compléter le « centre commercial.

L autre côté du chemin se cache derrière une mauvaise palis- sade. Dessus, une pancarte promet un jardin publie mais on n’a encore rien planté ni même défriché. Un peu après le « centre commercial », une grande cour carrée enserre un restaurant-dancing, d’après renseigne. Le portail est ouvert, je vais satisfaire ma curiosité : il ne fonctionne que le soir et pas tous les jours. Tant pis ! Quelques dizaines de mètres encore, j’arrive à la mer. En contrebas, il y a un quai de ciment où sont amarrées une vedette et quelques barques. Son accès est défendu par un portique à grille cadenassée et dix marches de ciment.

En face, de l’autre côté de la rue, se trouve la gare maritime. C’est un modeste bâtiment. À l’intérieur, une trentaine de bancs de bois en dix rangées occupent presque toute la salle. Ils font face à la porte et, de part et d’autre de celle-ci, au comptoir d’une marchande de boissons et à une pièce vitrée munie de deux guichets. Seule la bistrotière est au travail. Elle me renseigne : pour Phù Quôc, le ferry part chaque jour en début de matinée ; il faut prendre son billet au guichet le jour du départ, dès sept heures. Il n’y a pas de réservation à l’avance. Finalement, ce n’est pas ici que je pourrai mouiller le bout du pied, si je veux accéder à une plage, il me faut revenir en arrière, passer une passerelle (ou retourner plus loin jusqu’au pont) et redescendre l’estuaire par son autre rive.

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Dans la foulée, me voici donc en face grâce à la passerelle. H y a bien une plage, minuscule, derrière un muret qui, sans doute, l’a empêchée de grandir, l’a cantonnée sur une étroite bande de terre. Le sable est fréquenté par des déchets hétéroclites, type bouteilles vides, sacs plastique, épluchures, cartons… mais pas de touristes. Ils n’auraient cure de se risquer en un lieu si peu engageant malgré quelques humbles et communs coquillages. Protégé par le mur, un peu en hauteur, un vendeur de boissons s’était pourtant préparé à choyer les visiteurs. Ses caisses sont abritées dans une cabane en planches mais, pour savourer l’air du large, il a fait étalage de quatre longues et massives tables de bois avec leurs bancs, prolongées d’une file de dix chaises longues…

La moitié est hors d’usage, elles ne supporteraient pas un bébé. Avec prudence, on a une chance sur deux de pouvoir s’étendre sans accident sur une de celles restant. Je m’y risque et regarde la mer un long moment tout en vidant avec une paille la noix de coco achetée au cafetier. Puis je poursuis l’excursion. Le sable n’a pas poursuivi son invasion plus avant. Un sol spongieux, marécageux, s’achève en boue peu appétissante dans l’onde salée. Une esquisse de sentier longe le rivage.

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