Le delta du Mékong partie 2

J’entre dans la cour, un vrai foutoir. On me hèle de partout. Des tas de gens cherchent à attraper mon sac ou ma valise pour me fourrer dans un des nombreux cars en partance avant même que j’aie précisé ma destination. Je hurle « Mytho! Mytho! » et ajoute que je n’ai pas encore de billet. Mais la foule me pousse de force dans une des ruines à l’arrêt — pardon ! autocar – J’ai quand même eu le temps de lire sur le fronton ma destination. Je n’offre plus de résistance. Le contrôleur a saisi au vol mon sac et ma vaiise (la neuve) et il les tasse au pied de la banquette du fond. Ils n’encombrent pas le passage et j’ai de la place sur la moleskine artistiquement déchirée; je m’installe. Il est 11 h30, Quelques personnes montent encore.

Merveille ! Cinq minutes plus tard, on démarre. Il y a encore quatre ou cinq places inoccupées, ce qui dément la légende prétendant que les transports en Asie sont tous bourrés. Par contre, le miteux du car, des gens et de leurs colis, confirme le tableau auquel je pouvais m’attendre. C’est totalement disparate, bigarré, rapiécé, poussiéreux, sale et hors d’âge. Je suis le seul Occidental de ce monument roulant.

Jusqu’au moment du départ, et dès le moindre arrêt, une nuée de vendeurs à la sauvette nous envahit. Chacun fait l’article pour sa bricole: nourritures diverses, boissons, billets de loterie… Ils sortent par la porte la plus proche quand le car commence à rouler. Et qui de crier, de gesticuler, de t’agripper le bras : « En veux- tu? – Non ». Trois ou quatre fois encore, le vendeur insiste, avant de passer au voyageur suivant. Ne vous impatientez pas, vous seriez ridicule. Dans ces pays, partout et toujours !e commerce se pratique ainsi. Il y a deux contrôleurs dans le bus ou plutôt deux aides au chauffeur, un à l’avant, l’autre à l’arrière. Cent fbis d’ici Mytho, dès que le car ralentit, ils se basculent aux trois quarts par une des portières et, accrochés par un bras, crient en pointant leur main libre vers l’intérieur. Si les passants résistent à l’invite, ce n’est pas faute d’avoir été informés.

Quand un succombe, le bus s’arrête en catastrophe, le contrôleur descend et pousse sans ménagement le voyageur et ses colis à l’intérieur. Puis il réintègre en voltige tout en aboyant vers le chauffeur l’autorisation de repartir. Il martèle simultanément la tôle de grandes claques sonores, des fois qu’on ne l’aurait pas entendu. Je crois que j’entendrai longtemps le cri de ces racoleurs quand nous passons devant un groupe d’habitations ou simplement de piétons : « Hoï ! Hoï! ».

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Selon les circonstances, cet appel a plusieurs significations : attention ! écartez-vous ! attendez ! approchez ! etc.Nous roulons à toute vitesse depuis que nous sommes en pleine campagne, dans tes soixante à l’heure. La route est poussiéreuse à souhait, son bitume n’a pas dû être rectifié depuis te départ des Français. L’occupent avec une totale désinvolture: cars, camions, voitures, motos, attelages de buffles, vélos et piétons. Le vacarme des moteurs est orchestré par tes avertisseurs et tes cris multiples. Les gêneurs n’en sont pas outre mesure traumatisés ; ils libèrent au dernier moment, nonchalamment, le passage. Parfois ils font durer le plaisir un bon moment avant de céder. Nul ne leur en veut pour autant. Les vitres baissées —je me demande si on peut encore tes relever vu l’état de la carrosserie — nous lâchent en pleine face un air brûlant chargé de mille odeurs.

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