Le delta du Mékong partie 7

Ne manquent même pas les nombreuses et grandes fenêtres latérales où on pourrait facilement imaginer des vitraux, ni le porche doté d’un imposant portail de bois clouté avec de grandes pentures de fer. il est fermé. il me reste à explorer le vaste parc. Côté habitation des bonzes, un réseau d’allées perpendiculaires délimite de grands massifs soigneusement fleuris. Les cannas s’y épanouissent à profusion.

Le tout aboutit à un grand bassin arrondi, orné d’une magnifique fontaine de pierre à allégories sculptées qui donnent à boire à un troupeau de poissons rouges géants. À gauche de !a pagode par contre se prélasse un hectare de nature revenant peu à peu à l’état sauvage. Les arbres sont imposants, centenaires proba-blement. Des haies sans extrémités définies, ou plutôt de petits talus au pied qui s’effondre en guise de fossé, agressent des sentiers qui parfois disparaissent sous les herbes folles ou dans d’épais taillis.

De place en place, des tombeaux dorment. Il n’y en a pas deux semblables, ni de forme, ni de taille. Certains sont groupés à quatre ou cinq, d’autres n’ont toléré aucun voisin. Ils n’ont pas choisi d’orientation précise. Leur pierre n’est pas chiche de gravures mais beaucoup sont en cours d’effacement, érodées par le temps. Il arrive même que le mausolée soit écorné ou affaissé. Néanmoins quelques sépultures sont récentes mais implantées avec la même fantaisie. Peut-être les bonzes, car ce sont évidemment des tombes de religieux, ont choisi leur coin avant de décéder. Des fleurs sauvages, parfois de splendides orchidées, émaillent le terrain de leurs vives couleurs. Pour un lieu de repos, c’est le plus joli et le plus calme dont on puisse… rêver.

Je reviens vers la pagode. Quelques moines vaquent à de menus travaux, en particulier de lessive ou de vaisselle. Lun m’aperçoit et me fait de grands signes d’invite. Il me propose de voir le sanctuaire si je le désire. Il m’ouvre une porte latérale et m’improvise une visite guidée. Salut à toi, Bouddha! Merci moine ! Je n’oublie pas mon obole au pied de la grande statue, cela va de soi.

Je quitte la pagode et reprends le chemin de la ville. Je chemine une petite route bucolique assez animée car, outre la grande pagode, une plus petite où logent des bonzesses et un petit village annexe meublent le quartier. Avec le déclin de la chaleur diurne, bêtes et humains reprennent de la vitalité et s’affairent. Un pont sur une excroissance du fleuve relie !a route à la zone urbaine. Le boulevard qui enchaîne est celui de mon auberge.

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Sous tes tropiques, un touriste à pied est un homme qui n’a pas encore trouvé de taxi ou de cyclo-pousse. Il ne se passe longtemps avant qu’un indigène d’une bonne cinquantaine d’années et d’une mauvaise taille d’un mètre cinquante-cinq ne me hèle. Son tricycle est déjà surchargé de diverses marchandises mais il pense pouvoir m’y loger en sus. Je lui adresse un signe de refus. Il insiste et, remarquant l’écusson « France » que j’ai cousu sur ma musette, il se déchaîne en amabilités avec le plus mauvais français.

Je marche sur le trottoir pour une fois bien défini, souvent encombré ou défoncé mais assez large pour rester praticable. L’olibrius roule à ma hauteur et, malgré mes refus répétés, ne cesse de me bassiner. H m’énerve. Je perds un peu patience — chose à ne jamais faire en Asie — et lui intime : « Di ! Di ! » ce qui peut se traduire par « Fiche le camp ! » ou un peu moins poli. Il se décide alors à accélérer mais en me balançant une bordée de choses pas aimables, d’après le ton. Dans le charabia franco-vietnamien, je repère « Américain, Français et colonialiste » au milieu d’autres termes certainement aussi injurieux. Ouf! Enfin seul.

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