Le delta du Mékong partie 8

Je passe devant un magasin de chaussures et vois des tongs à l’étalage. Il y a longtemps que j’en cherche pour remplacer mes lourdes sandales malaises. Une fillette de dix ans est assise devant le magasin. Je lui réclame « Ma », maman en vietnamien. Elle me fait comprendre que sa mère est sortie mais va revenir vite. Déjà à cet âge il n’est pas question de laisser échapper un client potentiel : elle me désigne un siège. Je teste mes rudiments de langue vietnamienne sur l’enfant. Cela ne nous mène pas loin. Ma arrive. Je lui montre les tongs de mes rêves. Durant que j’essaie une paire et marchande — la marque du savoir vivre — j’entends derrière moi une voix de fausset qu’il me semble reconnaître… C’est mon gnome au cyclo de tout à l’heure. Il est là, tout sourire et s’improvise truchement entre la marchande et moi. C’est tout à fait superflu mais, sauf à me livrer à des voies de fait sur sa personne, il m’est impossib!e de le faire taire. J’achète et chausse mes tongs puis reprends mon chemin, à pied au désespoir du gnome. J’ai eu le tort de lui indiquer tantôt te nom de mon restaurant, pensant le faire abandonner vu !a proximité de l’endroit. Enfin je trouve son enseigne.

Derrière moi, l’affreux trouve encore le moyen de me crier que c’est un très bon restaurant… Je pénètre dans une vaste cour un peu en retrait de !a route. Tout autour, de petites maisons s’espacent sans ordre. On dirait une traditionnelle « maison chinoise » avec ses communs autour du !ogis du maître. Celui-ci est au fond. H ouvre par une immense terrasse ombragée de grands arbres vénérabies. Des rangées de petites tables entourées de six chaises chacune tracent le chemin jusqu’à ta salle, béante vers sa façade. Sur chaque table, une petite lampe seconde tes projecteurs juchés dans tes arbres. It ne fait pas encore nuit mais tes lumières sont déjà à t’œuvre. Plusieurs dizaines de personnes tiendraient ici à l’aise mais seules les dernières tabtes sont dressées, nappe blanche et couverts complets. Dans ta satte, une autre nuée de tabtes attendent aussi, tes unes dressées, tes autres pas. Deux jeunes et jolies hôtesses en aï do blanc sur pantaton noir s’inclinent devant moi en souriant. Un maître d’hôtel se tient derrière elles, en strict smoking. Des guirlandes de tampions chinois de couleurs vives, tous allumés, égaient l’atmosphère de tuxe et d’harmonie feutrée.

A voir: vietnam 18 jours | jonque eco friendly

It n’y a qu’un seul convive, attablé vingt mètres plus loin. C’est Hùy. Il a réussi à se libé-rer plus tôt et m’attend depuis plus d’une heure. Je suis confus. Mais il est tellement heureux que je sois là qu’il oublie vite son attente. Il m’aide à composer mon menu, soucieux de mes goûts et aussi de mes moyens financiers, avant même que j’en fasse état. Vu le décor, it est vrai que j’étais d’emblée un peu inquiet mais à tort. Il y en a pour toutes les bourses dans le petit livre. Lui, me dit-il, ne mangera que plus tard. Comme je m’étonne, il m’explique que nous sommes chez sa mère adoptive et que, donc, il est obligé de dîner en sa compagnie. Pour ne pas me peiner il va prendre un repas iéger, histoire de m’accompagner.Il a toujours ses parents. Agés, ils vivent à vingt-cinq kilomètres et sont agriculteurs. Quant à sa mère adoptive, une vieille coutume permet aux gens d’officialiser devant Bouddha et l’Autel des Ancêtres une affection préférentielle très forte pour un tiers.

Lesen Sie mehr: Ocean tours Halong bay

You can leave a response, or trackback from your own site.

Leave a Reply

Powered by WordPress