Le delta du Mékong partie 9

Ce peut être n’importe qui et sans préjudice pour les liens naturels familiaux de chacun. Cette nouvelle parenté n’a non plus aucun effet devant la loi civile. Le repas est délicieux, un peu recherché, servi avec une discrète et efficace rapidité. Nous bavardons jusqu’à 21 h 30. C’est une heure avancée au Vietnam et je prends congé en ajoutant quelques excuses lorsque j’en prends conscience. En me raccompagnant dans ia cour, Hùy me demande si je ne peux pas rester à Mytho pour le week-end?

Il aurait aimé m’emmener chez ses parents… Je décline gentiment. Si j’en ai l’occasion, une autre année, je reviendrai. Il en serait enchanté. H réalise tout à coup que je suis à pied. Selon lui, il y a presque deux kilomètres jusqu’à mon hôtel. Il insiste pour me faire raccompagner, frappe à une porte dans la cour et échange quelques mots en vietnamien avec l’homme qui nous ouvre. En un instant, ce dernier va chercher sa mobylette. C’est drôle mais j’ai eu l’impression que Hùy lui adressait un ordre plus qu’une prière; cela me conforte dans l’idée que toute la cour et ses habitants appartiennent toujours, à la mode chinoise, à sa mère adoptive. Par contre, Hùy sort cinq mille dôngs de sa poche à l’intention de mon conducteur. Evidemment, je proteste et paie moi-même la course.

Retour vers l’hôtel. Sur le parcours, au milieu d’un carrefour, nous rencontrons un petit attroupement autour d’une moto et d’un vélo couchés sur le goudron. Le plus étonnant n’est pas cet accident mais bien qu’il n’y en ait pas à chaque croisement. H n’y a pratiquement pas d’éclairage public et pas du tout sur les trois quarts des vélos ou le quart des motos qui circulent. Encore heureux que la nuit ne soit pas très sombre et que la lune brille !

Je n’ai pas envie de dormir et je me carre dans un des fauteuils club du salon de l’hotel. C’est une immense pièce dont ta paroi avant coulisse pour donner accès directement à la rue. On ne ta ferme que le soir. Les clients, ayant voiture ou moto, y rentrent leur véhicule. Le veilleur de nuit se sent ainsi moins perdu dans te volume de l’entrée. Un Vietnamien, la quarantaine, sirote une bière. Une deuxième boîte vide gît sur la table devant lui. H parte français et engage ta conversation. Il en vient vite à me raconter sa vie. Les gens sont expansifs, par ici.

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Son père était haut fonctionnaire. Il a beaucoup travaillé avec tes militaires français puis avec tes Américains. il avait rang de colonel dans l’armée de Thieu. (Ils étaient nombreux les coto- nets du Sud-Vietnam !). En 1975, tes communistes t’ont envoyé en camp de rééducation. H avait viré toute sa fortune à sa femme avant d’en divorcer. Sa femme n’a pas été inquiétée. La famitte vit toujours sur ce pécule. Son père est revenu depuis peu mais sa santé est ruinée. H a soixante-douze ans. Mon interlocuteur traînant un encombrant curricutum vitae en tant que fits d’un « valet des fantoches et des impérialistes » n’a pu trouver un emploi fixe qu’en 1990. Je sais par Liem qu’it en a été ainsi pour tous tes enfants des personnalités de t’ancien régime et elle- même n’y a échappé que par son mariage. En 1990 donc, une ONG française, ta Fondation CARPENTIER (te Don du Cœur) avait besoin d’un Vietnamien cultivé pour servir de chauffeur- secrétaire, partant évidemment français, à une de ses déléguées gérant un fonds d’aide aux plus démunis. Les autorités communistes n’ont trouvé personne de compétent. Alors, elles tui ont proposé d’oublier son curricutum s’il prenait te poste. H a accepté et vit très heureux, depuis. Quand tel ne se sent pas en forme, sa Française tui donne des papiers à rédiger au lieu de te faire conduire. Et comme c’est tui qui interroge tes protégés de sa patronne, il se sent de ptus en ptus important. H est souvent en voyage et ne descend que dans de bons hôtels, tel ce soir.

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