Nha Trang partie 2

Nous quittons l’avenue du bord de mer. Elle a gardé sa largeur et ses massifs centraux de tauriers-roses. Elle a pris, ette aussi, le nom de Tran Phu. Dans une tongue rue parallèle, le car pénètre et se gare dans la cour d’un important hôtel. C’est probablement l’étape d’Open Tour car d’autres cars à son nom y sont déjà présents. Nous sommes peu loin de la mer mais pas tout contre, dommage. Cependant, on nous demande de patienter dans te car quelques minutes, puis le receveur nous explique que nous allons dans un autre hôtel voir des chambres. Si elles ne nous conviennent pas, nous reviendrons ici. C’est ainsi que nous échouons — apparemment tous les passagers — au Khatoco II, 62 Tran Phu, jadis dénommé 62 Guesthouse, désormais filiale d’un patace assez proche, lui-même appartenant à un fabricant de cigarettes… (nous sommes toujours en pays communiste, ce qui taisse supposer que tes propriétaires du trust n’ont rien à voir avec de traditionnel capitatistes, d’ailleurs leurs noms sont certainement difficiles à identifier). La guesthouse était, paraît-il, très populaire parmi les routards et aussi dans ta petite et nouvelle « bourgeoisie » vietnamienne ou chez les Vietnamiens de la diaspora. Le nouveau propriétaire n’a pas changé grand-chose. Seuls le bâtiment d’accueil, les grilles et la cour d’honneur se sont légèrement teintés de luxe. La partie ta ptus importante est en arrière, avec une seconde entrée sur la rue latérale, la rue… « 62 ». Elle ressemble à un grand hôtel chinois traditionnel soit un grand bâtiment à étages au fond d’une grande cour carrée. Depuis, tes trois autres côtés ont été construits chacun d’une suite de logements cabines, soit une chambre et une salle d’eau séparées d’une cloison, avec, en façade, une fenêtre et une porte vitrée. Les logements se suivent, mitoyens, tous semblables, ouvrant sur une gâterie déambulatoire. Dans ta cour, espacés régulièrement le long des trois gâteries, de gros arbres, styte platanes, font la haie. Combien de chambres ? Sans doute environ cinquante avec l’immeuble du fond. Elles font quatre mètres sur quatre, plus la salle d’eau moitié moins grande, ciment par terre, aux murs et au plafond bas, deux lits, une petite table et une chaise, une armoire, un ventilateur sur pied et une ampoule nue pour admirer tout ça, des rideaux coulissant devant les ouïes. Je crois n’avoir rien oublié. Si ! l’employé qui précède notre groupe est un stakhanoviste : il ouvre une porte avec son passe, annonce le prix, 5 $, tend la clé au preneur et passe au suivant. À mon tour, comme les autres, j’accepte; à 5 $ la nuit, comment pourrais-je refuser? À ce prix, mes vacances s’annoncent radieuses. Je pose sac et valise sur le Ht en rabe. Prendrai-je une douche ou irai-je à la plage tout de suite ? C’est la seule question importante qui maintenant se pose. Raisonnablement, j’opte pour la douche et un peu de déballage. Je crois que je vais profiter de l’endroit pendant quinze jours, rien ne sert de se presser.

Il est bien 17 heures quand, enfin, je traverse Tran Phu vers la plage. Il est un peu tard pour me baigner, pas pour appréhender le décor. Les quatre Français du car font les fous dans les premières vagues. Hs ne paraissent pas avoir besoin de ma compagnie; je les en dispense. Solitairement, j’essaie de me remémorer l’endroit. En 1955, avec un de mes copains militaires, Joseph S., je suis descendu d’un Dakota sur l’aérodrome devant la plage, en vacances jusqu’au soir. La plage était immense ; elle a toujours ses six kilomètres de sable fin mais, bien qu’il y ait peu de monde, elle n’est plus déserte. À cette lointaine époque, on ne dénombrait pas quinze indigènes près de l’eau et aucun baigneur. C’était le 12 juin. A Saïgon la mousson jetait ses seaux d’eau chaque après-midi. Mais les nuages noirs butaient sur la Cordillère annamite sans réussir à la franchir. À Nha Trang te soleil en fusion coulait sur le sable qui nous brûlait les pieds. La mer, bleue comme jamais, remuait juste assez pour prouver qu’elle n’était pas morte. La rue Tran Phu à cette époque c’était la route coloniale n° 1, un peu étroite, râpée, au bitume grignoté par le sable. Elle était bordée par endroits seulement de paillotes, maisons de pêcheurs, buvettes ou épiceries. Des Vietnamiennes accroupies, en pyjama noir et chapeau conique, proposaient mollement quelques fruits et légumes, lorgnant sur la marmaille tapageuse. Nha Trang était un village de pêcheurs, sans p!us. A l’évidence, c’est toujours un bien jo)i bord de mer, ombragé par les mêmes milliers de cocotiers et casuarinas, mais ce n’est pas là que je suis venu. Et, en cet avril, il ne fait pas aussi chaud que jadis. Je reviendrai demain faire plus ample connaissance avec la nouvette plage, si aucune voiture, aucune moto, ne m’écrase en traversant l’avenue.

J’entre prendre un verre au restaurant dont la terrasse sous toite occupe tout te coin droit de ta cour d’honneur, à seule fin de consulter tes menus. Ce n’est pas parce que l’hébergement est quasiment donné que tout est bon marché céans. En effet, te restaurant a tablé sur tes Américains pour faire son beurre. En vieux routier, j’enfite ta rue latérate, te dos à ta mer. Je mangerai dans tes terres pour moins cher, c’est sûr !

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